Maison Marie-Rollet


Formes de violences

La première chose qu’on peut remarquer dans la dynamique de la violence conjugale, c’est la présence d’une escalade dans les comportements violents. Bien souvent, il y a tout un climat d’intimidation qui s’installe avant les premiers comportements physiquement violents. Voyons donc les principales formes de violence :

Verbale : souvent la plus banalisée et la plus tolérée. Cela devient un mode de communication qui renforce l’agression psychologique et augmente l’intensité du mépris envers la victime. En voici quelques exemples :

  • crier ou hurler ;
  • sacrer constamment ;
  • insultes ou injures ;
  • donner des ordres ;
  • utiliser un ton brusque ou autoritaire ;
  • faire du chantage ;
  • interrompre constamment la conversation.

Psychologique : cette forme de violence s’adresse au contenu de la communication. L’objectif de l’agresseur est de détruire l’estime personnelle de la victime et de miner sa crédibilité. C’est souvent la forme de violence la plus difficile à détecter car elle s’installe sournoisement et la victime croit pendant longtemps, à tort, qu’elle en est la responsable. Cela peut se présenter d’une multitude de façons :

  • ridiculiser, dénigrer, critiquer les actions, les opinions, les croyances de l’autre ;
  • faire sentir incompétente, coupable ou mal envers soi-même ;
  • menaces de toutes sortes, de faire du mal ou encore de kidnapper les enfants ;
  • détruire les biens de l’autre ;
  • minimiser, nier ou déformer vos sentiments et émotions ;
  • prendre toutes les décisions, importantes ou non ;
  • harceler au téléphone ou au travail.

Économique : au-delà du simple vol, la violence économique concerne le contrôle exercé sur les ressources monétaires de la victime, dans le but de la restreindre financièrement et matériellement. Voici quelques exemples :

  • refuser que l’autre travail ou faire en sorte qu’il perde son travail (harcèle, tient l’autre éveillé toute la nuit, etc.) ;
  • contrôler tout l’argent, y compris les paies de la conjointe ;
  • exiger des comptes-rendus des moindres dépenses ;
  • critiquer constamment les achats de la victime ;
  • forcer à frauder ;
  • refuser de donner de l’argent pour les besoins de base de la famille (nourriture, logement, médicaments, etc.) ;
  • dépenser tout l’argent pour ses propres besoins (drogue, jeu, etc.) ;
  • vendre les objets de la maison ou des enfants pour l’utiliser à ses propres fins.

Sexuelle : la violence sexuelle a longtemps passé inaperçue dans un contexte conjugal. Mais depuis 1983, le viol conjugal a été reconnu comme un crime au Canada.  Cette forme de violence s’attaque autant à l’intégrité physique que psychologique de la victime, tel que démontré par les exemples suivants :

  • accuser l’autre d’avoir des amants ;
  • faire des blagues sexistes ou se moquer du corps de son partenaire ;
  • forcer à regarder du matériel pornographique ;
  • comparer sexuellement la conjointe actuelle à d’anciennes fréquentations ou à des actrices de films pornographiques ;
  • toute activité sexuelle non désirée, que la femme considère comme répugnante ou douloureuse.

Physique : il s’agit ici de la forme la plus évidente de violence, qui vise l’intégrité physique de la personne. Si cela peut conduire jusqu’au meurtre conjugal, il arrive aussi que les traces soient invisibles si l’agresseur s’en prend à des zones du corps qui laissent peu de marques (ex : le crâne, la plante des pieds ou l’intérieur des cuisses). En voici quelques exemples :

  • pousser, bousculer ;
  • serrer les bras ;
  • coups de pieds et de poings ;
  • frapper, avec ou sans objet ;
  • empêcher l’autre de dormir ;
  • brûler avec une cigarette ;
  • tirer les cheveux ;
  • étrangler ;
  • menacer avec une arme ;
  • homicide.

L’impact de la violence sera encore plus grand lorsqu’une personne avec beaucoup de pouvoir social violente une personne qui en a moins. Les différences socio-économiques, ethniques, l’orientation sexuelle et l’identité sexuelle, les conditions de santé mentale ou physique sont autant de facteurs de vulnérabilité qui peuvent augmenter les conséquences de la violence conjugale.